Le sens de mon combat dans ma vie: l’Amour pour mon pays la Côte d’Ivoire

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LE SENS DE MON COMBAT DANS MA VIE : L’AMOUR POUR MON PAYS LA CÔTE D’IVOIRE

“J’AIME mon pays la Côte d’Ivoire[1], plus que n’importe quel endroit de la planète. Je l’aime parce qu’il représente toute ma vie et celle des miens depuis des générations. C’est là que sont nés mon père et ma mère, eux-mêmes l’ayant été de mères et de pères nés de parents originaires de cette terre. C’est ma patrie. Elle représente le sang et l’histoire des miens. C’est mon héritage immuable.
Mon pays est mon corps et mon âme. C’est la terre qui a absorbé ma chair, c’est-à-dire là où a été enterré mon cordon ombilical, quelques heures après ma naissance, qui me relie à jamais à elle. Dans mon esprit, l’usage de l’adjectif possessif « mon » ne peut être détachable de ma personne. « Mon » pays, est différent de « mon » costume ou même « mon » fils. Car, le costume est un bien que j’ai acquis avec mon gain. Le fils est mon sang, mais c’est moi qui ait décidé de le concevoir, avec la femme que je me suis choisie.

Or, mon pays fait partie de moi-même. Le nom BOGA Sako que je porte, l’ethnie Dida qui est mienne et dans laquelle je réfléchis, le foufou de banane plantain que j’affectionne tant etc., sont autant de traductions de la culture et de la tradition qui sont miennes. Si je perdais mon pays, je serais perdu moi-même. Lorsque j’ai tout perdu comme biens matériels précieux, je n’ai vraiment rien perdu ; parce qu’après tout, j’ai mon pays. J’ai perdu mon géniteur et ma génitrice. Mais je vis heureux avec eux sur la même terre dans laquelle ils reposent. J’ai perdu tous mes biens dans les guerres fratricides successives qui ont failli réduire mon pays à néant. Cependant, je ne crois pas avoir perdu grand-chose, parce que j’ai ma terre qui me permettra de renouveler tous ces biens. Car ma terre est une fortune. Elle a nourri mes ancêtres, mes père et mère, ma famille et moi ; elle nourrira encore des générations de mes descendants. Elle a également nourri des millions de non Ivoiriens…

J’aime mon pays, parce que c’est le seul endroit du globe qui me soit vraiment familier. Au triple sens du terme : figuré, propre et affectif. J’ai eu la chance de voyager à travers le monde et de découvrir des beautés de toutes sortes. Je suis allé aux Etats-Unis pour la première fois en novembre 2008, dans le cadre du programme américain de Visiteurs Internationaux (V.I.). J’ai pu apprécier les Institutions étatiques et privées qui travaillent dans le domaine des Droits de l’Homme. J’en ai été enrichi. Cependant, le quotidien de Washington-DC ou de New-York, que j’ai pu visiter à nouveau et par deux fois en 2014, m’a toujours déplu. Pareillement pour la plupart des grandes et belles capitales d’Europe, Paris, Genève, Rome, Bruxelles, Stockholm, Copenhague, Budapest… Ces grandes villes sont toutes froides. Elles m’ont toujours laissé l’impression d’un monde de fous dans lequel l’on court en permanence vers le matériel et rien d’autre. On n’y vit pas ; on survit. Un monde qui m’ignorait royalement. Je ne me sentais pas vivre là-bas. Heureusement que je n’y étais que pour deux semaines au maximum. Aucune comparaison avec mon Abidjan, ou Yaoundé, ou Kinshasa, ou Lomé…

Toutefois, l’un des pays au monde qui m’a profondément fasciné et ému, c’est Israël, le pays de Jésus Christ. J’ai eu le privilège de vivre plus de trois semaines dans ce grand pays, deux fois de suite. En avril 2009 et en février 2010. Les plus beaux pèlerinages de ma vie. J’ai marché dans les pas du Seigneur. C’est comme si j’étais allé sur la lune. J’ai eu l’occasion de Lui parler dans le creux de l’oreille à travers « le Mur des lamentations ». Au retour de mon premier voyage, je me suis écrié : « J’ai vu Israël ; je peux donc mourir heureux… » [2]

L’Amour pour la Patrie a été suffisamment élaboré par Dr BOGA dans son ouvrage intitulé, “Je suis Noir et j’aime le manioc !”, édité en France, en février 2014, par Gnepa-éditions ; au chapitre4 : Ma Terre promise…

HYMNE AU PATRIOTE
« Réveille-toi donc, digne Patriote ! »
À toi, digne Fille de Côte d’Ivoire ;
À toi, digne Fils de Côte d’Ivoire ;
Si tu entends l’écho de ma voix,
Déchirant le silence ténébreux de Duekoué-carrefour ou de Nahibly…,
Retentissant dans les forêts occupées du Peko,
Survolant le crépitement des kalachnikovs rebelles de Guitrozon, de Petit-Duekoué, de Man, de Vavoua, de Bouaké, de Korhogo, d’Odienné ou d’Abidjan… ;
Réveille-toi donc, digne Patriote !
Car c’est le divin cri du dernier ralliement,
Annonçant ta victoire finale pour ta Patrie libérée.
Ce jour cauchemardesque d’une année immémoriale,
Réveillé(e) par les cris alarmants des tiens,
Traversant les pluies des bombes blanches assassines,
Bravant les feux aveugles des canons vampires,
Toi, tu t’es courageusement donné(e) en sacrifice, afin que survive ta Patrie meurtrie ;
Réveille-toi donc, digne Patriote !
Car c’est le divin cri du dernier ralliement,
Annonçant ta victoire finale pour ta Patrie libérée.
À genoux, sur ces voies hexagonales sans horizon,
Malgré la chute de certains de tes compagnons visités par Judas,
Contraint(e) même de choisir entre ton cœur et ta Patrie,
Tu piétines les multiples épreuves insurmontables, de la neige, du froid et du soleil,
Tu t’obstines à fouler ta Hollande promise, drapé(e) d’orange, de blanc et de vert,
Tu te dresses face à la rudesse et à la longueur insoupçonnée de ta noble lutte ;
Réveille-toi donc, digne Patriote !
Car c’est le divin cri du dernier ralliement,
Annonçant ta victoire finale pour ta Patrie libérée.
Par centaines et par milliers, les tiens périssent, afin que toi, tu mérites de la Nation,
Par centaines et par milliers, les tiens gémissent et agonisent fièrement dans les geôles, soumis aux tortures les plus abominables, afin que toi, tu cries leur Liberté,
Par centaines et par milliers, les tiens quémandent à leurs étrangers, les droits à la vie et à la survie, afin que toi, tu deviennes le Héros de leur Vie ;
Réveille-toi donc, digne Patriote !
Car c’est le divin cri du dernier ralliement,
Annonçant ta victoire finale pour ta Patrie libérée.
Du fond de sa prison blanche, il te voit, ce Leader tant aimé devenu l’éternel Président, avec son fils putatif,
Du lointain du pays profond et de l’exil éprouvant, il te voit, ton Peuple si fier et si digne,
Du profond de son sommeil sans tombe, il te voit, ce combattant Patriote immortel ;
TOUS T’ATTENDENT SUR LE PERRON DE L’HISTOIRE…
À toi, digne Fille de Côte d’Ivoire ;
À toi, digne Fils de Côte d’Ivoire ;
Si tu entends l’écho de ma voix,
Déchirant le silence ténébreux de Duekoué-carrefour ou de Nahibly…,
Retentissant dans les forêts occupées du Peko,
Survolant le crépitement des kalachnikovs rebelles de Guitrozon, de Petit-Duekoué, de Man, de Vavoua, de Bouaké, de Korhogo, d’Odienné ou d’Abidjan… ;
Réveille-toi donc, digne Patriote !
Car c’est le divin cri du dernier ralliement,
Annonçant ta victoire finale pour ta Patrie libérée.

DIEU BÉNISSE LA CÔTE D’IVOIRE ET L’AFRIQUE !

Dr BOGA Sako Gervais,
(in « Mon Combat pour les Droits et les Libertés », Mary Bro, UK, 2017.)